Si l’on recherche l’étymologie du mot « Bessède », la racine proviendrait du mot gaulois « bettu », synonyme de bouleau, ou encore du bas latin « bettia » qui signifie : bois de bouleaux.
Le nom Bessède et ses dérivés furent vraisemblablement instaurés, au début du XIIe siècle (époque romane), par les moines de l’Abbaye cistercienne de Cadouin ; il est vraisemblable qu’ils attribuèrent ces noms-là à des portions de forêts qu’ils avaient dû défricher pour les exploiter. La forêt concernée aurait couvert plus de vingt mille hectares et aurait été, à l’origine, cinq fois plus étendue qu’elle ne l’est aujourd’hui. Complémentairement au bois que l’on pouvait en tirer, aux terrains déboisés que l’on pouvait cultiver et aux troupeaux d’animaux que l’on pouvait y nourrir et garder, la forêt était presque indispensable pour la vie économique des populations médiévales ; les ressources naturelles que l’on y trouvaient étaient nombreuses et variées : les décoctions d’écorce de bouleau servaient à fabriquer une colle très performante (que l’on remet en fabrication, actuellement sous le nom ancien de « Bettuline ») et la sève utilisée en cure purificatrice au printemps
ref : LE ROLE DES FORETS, EN PERIGORD MERIDIONAL, DES ORIGINES A L’EPOQUE MEDIEVALE
Selon Philippe Domont et Édith Montelle, auteurs de Histoires d’arbres : des sciences aux contes (Éditions Delachaux et Niestlé 2003, réédition 2014) :
Le Bouleau, arbre de la purification
Son nom français, le bouleau verruqueux.
Son nom latin, Betula pendula, évoque les fines branches qui pendent si délicatement .
Symbole de la purification printanière, du renouveau de la nature, le bouleau est l’arbre de la connaissance des Finno-Ougriens et des chamans sibériens qui tirent une boisson fermentée de sa sève qu’ils nomment eau ou sang.
Son écorce blanche, support imputrescible d’écriture, a de tout temps frappé l’imagination des hommes dans les pays nordiques où il illumine la nuit boréale et les sombres forêts d’épicéas
Le port gracieux du bouleau verruqueux, allié à la blancheur de son écorce, en fait un arbre remarquable. A l’automne, les feuilles sont d’un magnifique roux doré, capable en montagne de concurrencer les flamboyants mélèzes.
Les bouleaux sont des plantes monoïques, qui portent les deux sexes sur le même pied.
Rustique, extrêmement résistant au froid, le bouleau forme de grands peuplements à l’est et au nord de l’Europe. Il survit même au Groenland, sous forme arbustive. Il est également familier des montagnes où il grimpe jusqu’à la limite des forêts. Il s’accommode de tous les types de sols.
Bouleau en tête, la forêt reprend la place des paysages ruraux traditionnels, défrichés autrefois par la hache et le feu et habités pendant des siècles.
L’écorce support d’écriture
Sous son apparence fragile, l’écorce des bouleaux est d’une durabilité à toute épreuve, en raison des goudrons qu’elle contient
En russie l’écorce de bouleau, grossièrement préparée, était un support d’écriture bon marché et utilisé entre autre par les grands propriétaires fonciers pour communiquer avec leurs intendants et paysans dispersées sur un immense territoire. On écrivait aussi à l’encre, sur des feuillets minces détachés de l’écorce.
Le bouleau a ainsi joué dans les pays nordiques un rôle de support de communication à l’instar du palmier ou du papyrus dans les pays chauds ou de l’écorce d’havoha traditionnellement employée dans la fabrication du papier malgache. Betula pourrait venir du sanskrit bhurga, arbre dont l’écorce est utilisée comme support d’écriture.
Selon Alfred Chabert, auteur de Plantes médicinales et plantes comestibles de Savoie (1897, Réédition Curandera, 1986) :
On recueillait jadis par des incisions pratiquées assez profondément sur le tronc, la sève du Bouleau, biolla, Betula alba et pubescens, au moment de l’apparition des feuilles. Elle a une saveur acide et sucrée et est d’autant plus savoureuse qu’elle provient des parties supérieures de l’arbre. Elle fermente facilement, devient acide et constitue une boisson assez potable, très en vogue autrefois.


